Toute valorisation est, par construction, un pari sur l’avenir : la valeur d’une société, c’est ce qu’elle rapportera. Même celui qui se contente du passé suppose que l’avenir ressemblera au passé, ce qui est déjà une prévision, mais cachée.
L’honnêteté consiste à afficher ses hypothèses, à les tester avec plusieurs scénarios, et à garder une marge de sécurité. Les prévisions ne sont pas le problème, c’est l’excès de confiance qu’on leur accorde.
Justement non : le passé est un guide beaucoup plus fiable que les estimations des analystes, qui se trompent souvent dans le même sens que le consensus. Tout le monde se trompe en même temps, on le sait.
Petite nuance utile : on peut s’appuyer sur le passé pour mesurer la régularité d’une activité, ce qui rend les prévisions plus crédibles. Plus une entreprise est stable, plus l’exercice est simple. Pour une entreprise jeune, il n’y a presque que des hypothèses.
Pour compléter : regardons ce que l’entreprise a réellement dégagé comme flux ces dernières années. Ce sont des faits. Les prévisions, elles, relèvent de la communication tant qu’elles ne sont pas confirmées par les comptes publiés.
Voilà qui rejoint ce que je pensais : les faits d’abord, les prévisions comme complément seulement. Je concède à notre ami qu’il faut dire ses hypothèses à voix haute, même quand on est bougon.