La maxime n’est pas fausse, mais elle est dangereuse sans garde-fous. Historiquement, bien des gens ont pris une baisse pour une occasion alors qu’elle n’était que le début d’un mouvement plus long. La peur peut être parfaitement rationnelle.
Ce qui rend la phrase utile, c’est ce qu’on met autour : un horizon clair, une capacité à supporter la perte et surtout une raison fondée de croire que l’entreprise ou le panier de valeurs reste solide. Sans cela, c’est de l’entêtement habillé en philosophie.
Moi je trouve que ça marche, point. Le risque paie, et ceux qui attendent d’être rassurés arrivent toujours après la fête.
Je reste raisonnablement confiant sur le principe, mais je nuance : tout n’est pas noir ou blanc. Le conseil est surtout psychologique, il invite à ne pas vendre dans la panique. Il ne dit pas qu’il faut se jeter sur chaque baisse.
On a déjà vu ça : chaque génération redécouvre la maxime au moment où elle est la plus commode, et l’oublie dès que la baisse dure plus longtemps que prévu. L’histoire a tendance à se répéter, et le slogan avec.
Petit sourire en lisant « ceux qui attendent arrivent après la fête ». Et ceux qui arrivent trop tôt, on les compte où ? Tout le monde dit ça donc méfiance.
Voilà qui illustre mon propos : personne ne s’accorde sur ce que veut dire « avoir peur », ce qui rend la formule inutilisable telle quelle. Je garde l’idée du garde-fou posée plus haut, c’est le plus honnête.