Je reçois régulièrement des clients qui arrivent avec une seule obsession : payer le moins d’impôt possible sur leurs placements. C’est une préoccupation légitime, mais je constate qu’elle finit parfois par prendre toute la place dans la réflexion, au point de faire oublier deux questions bien plus fondamentales : quel est le risque réel de ce placement, et quelle performance peut-on raisonnablement en attendre. Un produit peut être fiscalement très avantageux et rester un mauvais choix de fond si le rendement sous-jacent est faible ou le risque mal maîtrisé. En matière de transmission, ce point est souvent négligé : on optimise la fiscalité d’un contrat sans avoir vraiment anticipé l’ensemble de la stratégie patrimoniale, ce qui peut créer des déséquilibres bien plus coûteux à long terme qu’un supplément d’impôt. Rappelons aussi que placer en bourse comporte un risque de perte en capital, aucun rendement n’étant garanti, et qu’aucune optimisation fiscale ne protège de cela. Selon vous, la fiscalité doit-elle vraiment être le point de départ d’une stratégie d’épargne, ou n’est-elle qu’un paramètre secondaire une fois le couple rendement-risque établi ?