La mode internet

"revue et corrigée par Benjamin GRAHAM"

 
La mode : Le contexte économique guide les investisseurs vers des modes (mode internet, valeurs de distribution, luxe ou la santé...). Les critères d'appréciation évoluent avec ces modes. Dans les années 1998/2000, oubliés l'actif net et l'endettement, seuls les perspectives de l'eldorado  constitué par les rêves de l'ère de la "nouvelle économie", le boum des "TMT" des "start-up"... Souvenez vous de ces valeurs sans historique ni valeur, introduites par des banquiers peu scrupuleux et un organisme de contrôle devenu sourd et aveugle (la COB). Certaines valeurs étaient en effet introduites en bourse à des prix "himalayens" alors qu'elles venaient tout juste d'être créée et n'avaient pratiquement pas d'actif, peu de chiffre d'affaires, les caisses vides... Le seul critère était "les perspectives" la course aux parts de marché...  Les créateurs se sont empresser d'introduire leur "boite" en bourse, puis de céder leur propres actions en faisant des plus-value colossales ... si, si, rappelez-vous... "liberty-surf" et consort...

Puis un beau jour, le rêve se termina par les publications de résultats catastrophiques... les  dépôt de bilan, les scandales financiers, la découverte d'endettements faramineux... et la chute spectaculaire des cours de bourse... Les investisseurs ont redécouvert les vertus du rationnel, des éléments qui constitue la fondation de l'investissement, les fondamentaux.

La mode toujours la mode: Ce qui est surprenant c'est d'apprendre que la mode est un éternel recommencement... en effet, voici un extrait du livre 'l'investisseur intelligent' écrit par Benjamin GRAHAM (1894-1979) "...quelque part vers le milieu d'une phase de hausse, nous voyons apparaître une recrudescence des nouvelles introductions.
Au début, les prix d'introduction sont intéressants et de belles plus-values peuvent être réaliser par les premiers acquéreurs.
Au fur et à mesure que les marchés poursuivent leurs phases haussière, cette forme de financement prend de l'ampleur, alors que la qualité des nouvelles introductions se dégrade, les prix exigés deviennent de plus en plus exorbitants.
Un signe assez fiable nous avertissant de la fin prochaine d'un marché haussier c'est lorsque le prix d'introduction pour des entreprises petites et difficiles à comprendre, deviennent supérieurs aux cours de sociétés moyennes pour lesquelles nous avons un long historique de marchés. (En ce point on remarquera que le placement de ces nouveaux titres est de plus en plus le fait de banques d'investissement de seconde zone et de faible réputation).
Cette insouciance du grand public confronté au manque de scrupules de certaines banques d'investissements mène tout droit à l'effondrement des prix.
Dans bien des cas, ces titres perdent 75%  et plus sur leurs cours d'introduction.
Cette situation est encore aggravée par le fait qu"au creux de la vague le grand public développe un forte aversion contre les mêmes titres dont ils s'étaient épris dans ses périodes d'insouciances.
Beaucoup de ces titres tomberont d'autant plus bas par rapport à leur valeurs objectives en phase dépressive, qu'ils étaient montés trop haut pendant leurs phases d'euphorie.
Il est indispensable que l'investisseur intelligent puisse résister aux sirènes des plus-values sans risques que ne manqueront pas de lui chanter les marchands facile et tous ceux qui cherchent à placer telle ou telle nouvelle introduction. Le marchand d'argent facile se fera un plaisir de vous rappeler me beau parcours qu'ont eu certains de ces titres souvent même au soir de leur introduction. Tous cela fait partie de l'atmosphère d'hyper spéculation qui règne à certaines époques."

Etonnant d'avoir écrit ce phénomène il y a + de 30 ans, non ?